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21 juillet, 2008

Ils sont sans pitié

Classé dans : les manipulateurs narcissiques — nacydymeg @ 21:28

Il faut bien envisager le phénomène dans son déroulement, étape par étape, et selon tous les cas de figure possibles, par une description générale du harcèlement psychologique (1) avant d’envisager les tentatives d’explication (2), en fonction de la personnalité de l’agresseur ou de celle de la victime, ou en raison d’autres circonstances.
 
1) Description générale du harcèlement psychologique
Le harcèlement moral met donc en œuvre un certain nombre d’agissements envers une personne, durant une assez longue période et de manière suffisamment répétée pour que l’on puisse parler de harcèlement.  
 
Sur le lieu de travail les conflits, divergences d’opinion, querelles de compétence, luttes de pouvoir, d’influence sont des phénomènes quotidiens. On y est victime d’injustices et on y cherche donc des boucs émissaires. Parfois certains de ces conflits dégénèrent en mobbing. Les trois étapes de la « psychoterreur » sont : la répétition des conflits, l’installation du mobbing et enfin l’exclusion du monde du travail, but ultime du harcèlement [13]. Le harcèlement s’installe de manière anodine. Il commence par des petits reproches, des brimades, des remarques désobligeantes souvent pris à la légère dans un premier temps. Puis la démarche se répète insidieusement, les attaques se multiplient et la victime commence à se sentir acculée, persécutée, mise en état d’infériorité. L’hostilité se fait dégradante ; elle abîme, égratigne, humilie et se montre implacable telle un rouleau compresseur, une machine à broyer. C’est la répétition des attaques qui fatigue et use le harcelé. Le phénomène est inhumain, sans pitié ni états d’âme.
Le harcèlement moral caractérisé par une agression se déroule en trois grandes étapes, selon des moyens toujours identiques (a). Le harcèlement est pratiqué selon un mode horizontal, vertical ascendant ou descendant (b). La personnalité de l’agresseur est aussi intéressante que celle de celui qui est agressé. L’entreprise adopte parfois une attitude particulièrement propice au harcèlement

a) L’agression
 
L’agresseur va user de tous les moyens possibles pour mettre sa victime sous son emprise, puis pour la déstabiliser dans ses fondations afin qu’elle s’écroule de manière plus ou moins violente. L’auteur de harcèlement sait se montrer manipulateur comme nous le décrit Isabelle NAZARE-AGA[14]. Tout manipulateur n’est pas pervers et ne se rend pas coupable de harcèlement mais tout auteur de harcèlement est manipulateur. Tout dépend de l’usage qui est fait de la manipulation, il y a une grande différence entre manipuler de temps en temps, quand cela est nécessaire, et en faire un mode de relations aux autres permanent et un moyen immoral d’arriver à ses fins.

 

La séduction perverse  
Le harcèlement commence parfois par la séduction perverse pour mettre la victime sous son emprise pour ensuite la déstabiliser et lui faire perdre confiance en elle. La séduction consiste dans un sens qui peut aussi être juridique à corrompre et suborner. L’agresseur n’attaque pas de manière directe mais insidieuse en captant le désir de l’autre. Il cherche à incorporer la victime pour la détruire parce que sa présence est vécue comme une menace. L’agresseur va manipuler insidieusement sa victime pour qu’elle pense et décide de la manière dont il le veut. Il cherchera à imposer sans que l’agressé puisse se défendre ni résister. L’emprise peut aller jusqu’à la véritable captation de l’autre, au lavage de cerveau. Dégrader l’autre prouve qu’on ne le considère pas d’égal à égal, mais bien que l’on n’a aucune considération pour l’individu. L’emprise passera par trois canaux : l’appropriation de l’autre, sa domination, en le maintenant dans un état de dépendance et de soumission, puis en imposant à la victime son emprunte, sa marque. Les manœuvres sont d’abord anodines puis deviennent violentes si l’objet de l’agression résiste.  
La communication perverse  
Cette emprise sur l’individu passe par un mode de communication pervers : le harcèlement ne se traduit pas par des conflits ouverts, du moins dans ses premiers temps. Le pervers utilise la communication comme arme de guerre contre « sa » victime qu’il cherche à anéantir.
 
Le pervers (on peut parler de pervers) refuse la communication directe avec sa victime pour qui il a peu d’estime et qu’il considère comme une chose. Quand une question est posée, le pervers élude, se soustrait au dialogue. Et quand le pervers parle c’est par petites touches déstabilisantes, par des reproches incessants et répétés. La victime se paralyse peu à peu, ne parvient pas à comprendre la situation. Se soustraire au dialogue permet de faire culpabiliser l’autre, de lui imputer la responsabilité du non dialogue, de lui faire comprendre par insinuation que la victime n’intéresse pas le pervers, qu’elle n’existe pas. 
 

Le pervers peut manipuler le langage en le déformant ou en utilisant un ton particulier, une voix froide et impersonnelle qui glace la victime. Le ton employé est parfois plus important que ce qui est dit, il peut marquer un décalage entre le message et ce qu’il suggère. Une information passe par le canal du « dit » et l’inverse est suggéré par le « non dit ». Ce qui est suggéré peut être plus important que ce qui est dit, il peut être chargé de reproches. Il est aussi possible d’employer un langage flou, imprécis pour le moment venu l’interpréter d’une manière différente de la victime et lui faire remarquer sa faute. Il s’agit là d’utiliser la double contrainte (double-bind pour les spécialistes) : le manipulateur utilise simultanément deux messages opposés qui font que si vous obéissez à l’un, vous désobéissez à l’autre. Le langage peut passer par les sous entendus. En général les insinuations ne seront compréhensibles que de la cible elle-même et le langage restera normal pour les personnes spectatrices. C’est ainsi que la victime se sent isolée, s’imagine se faire des idées et son entourage à qui elle pose des question lui répète qu’elle est paranoïaque. Le but du message paradoxal est de semer le doute dans l’esprit, faire ressentir des tensions et une agression alors que rien n’est exprimé. 

- Le mensonge
 
Le pervers sait manipuler le mensonge.
La mauvaise foi flagrante, mais que pour une raison ou pour une autre on ne peut contester, est frustrante et tend aussi à déstabiliser la victime. Dans l’exemple de Clémence pris en introduction, elle se retrouve face à un président qui joue l’ignorant devant les questions insistantes de celle-ci alors qu’il sait très bien ce qu’il en est[15]. Cette démarche contribue à la remise en question de Clémence. Dans son traité, Sun TZU nous disait que « L’art de la guerre est l’art de duper, et en donnant l’apparence contraire de ce que l’on est, on augmente les chances de victoire »[16]. L’agresseur va jeter le trouble dans l’esprit de sa victime pour la pousser à la faute. De mauvaise foi l’agresseur ne reconnaîtra jamais avoir dit telle ou telle chose qu’aura comprise la victime. Le mensonge permet à l’agresseur de toujours avoir raison.  
 

- Les sarcasmes et le mépris
 
L’auteur de harcèlements maniera le sarcasme, la dérision, le mépris. En évitant tout langage, l’auteur de harcèlement peut aller jusqu’à ignorer la victime, ne plus lui adresser la parole, la ridiculiser en public, se moquer de ses convictions politiques ou religieuses, de ses goûts, la dénigrer devant les autres, la priver de toute possibilité de s’exprimer, se gausser de ses points faibles, faire des allusions désobligeantes, mettre en doute ses capacités. La victime peut finir par croire que les critiques sont justifiées. Elle se remettra en question, ressentira un sentiment d’infériorité et pourrait même trouver justifiés les reproches subis. La victime se fatiguera à essayer de trouver des solutions impossibles à un conflit latent. Elle essaiera de tout faire pour s’améliorer face à quelqu’un qui sera toujours insatisfait. Plus la victime sera conciliante, plus elle se soumettra ; plus elle résistera, plus elle agacera et déchaînera hargne et violence. Un déplacement de la culpabilité s’opère. 
 

- Discréditer et disqualifier pour mieux dominer
 
Les manœuvres peuvent viser à discréditer, disqualifier, diminuer, en répétant à la personne qu’elle est incompétente, par des regards méprisants, des soupirs excédés, des gestes d’agacement. Discréditer quelqu’un, par des mensonges et des calomnies, le décrédibiliser, contribue à l’isoler. Pour détruire un salarié et l’acculer il faut briser ses alliances, diviser ses collègues. SUN TZU nous enseignait « Troublez le gouvernement adverse, semez la dissension chez les chefs en excitant la jalousie ou la méfiance, provoquez l’indiscipline, fournissez des causes de mécontentement… La division de mort est celle par laquelle nous tentons, par des bruits tendancieux, de jeter le discrédit ou la suspicion… ». La mise à l’écart se fera d’elle même.
La hiérarchie pourra aussi isoler la victime en la privant d’information, en ne la conviant plus aux réunions… Clémence dans notre exemple s’entend dire (toujours de mauvaise foi) qu’elle est incompétente et n’y connais rien en marketing. Le fond est peut-être vrai mais le ton et les circonstances y font beaucoup.  
 
Il est des cas, révélés depuis peu par l’actualité, où des salariés se retrouvent dans des bureaux exigus, parfois sans téléphone, sans mission, disparus des annuaires de l’entreprise… une guerre des nerfs est entamée.
 
La violence morale  
Le harcèlement peut aussi se traduire par des brimades et une véritable violence.  

- Les brimades [17]
 
Brimer consiste à confier à la victime des tâches inutiles ou dégradantes, fixer des objectifs impossibles à réaliser obligeant le salarié à se soumettre à des contraintes importantes pour sa vie privée. Il en est aussi ainsi des tâches imposées en permanence à un salarié, sans son accord, en supplément de sa mission initiale [18], ou des objectifs difficiles à atteindre compte tenu des conditions d’exploitation du magasin et de la faible marge de manœuvre du salarié [19]. Le harcèlement peut prendre la forme de violence ou de contraintes physiques. Cette haine apparaîtra plus ou moins légitime et le salarié culpabilisera, se sentira responsable de la haine subie. Cette haine se déchaîne surtout quand le pervers a l’impression que la victime lui échappe. Le pervers fait taire la victime, l’injurie, l’humilie. Dans un souci de conciliation la victime s’exposera de plus en plus. L’autre s’acharnera sur son objet, la souffrance lui est insupportable. La violence est verbale, froide, faite de dénigrement. Elle est méthodique, sous forme de chantages, d’intimidations, de menaces voilées. L’hostilité ne se manifeste que rarement de façon houleuse, mais plutôt par petites touches régulières, de façon mesurée. 
 
 La violence physique
 
La violence physique et le stress qu’elle engendre participe à instaurer ce climat de psychoterreur. Les menaces peuvent engendrer le même effet : appels téléphoniques au domicile ou menaces écrites anonymes… . Mais la violence physique reste quand même rare. Les auteurs de harcèlement sont souvent trop malins pour accomplir des actes qu’ils savent réprimés. Leur plaisir pervers est bien plus accomplir un meurtre psychologique, à leur yeux plus subtil, que se battre avec leur collègue. 

  Le harcèlement sexuel
 
Le harcèlement sexuel, très récemment pris en considération par le droit pénal, peut contribuer au harcèlement entendu dans le sens général. Le harcèlement sexuel, beaucoup mieux connu est réprimé par la loi. Celui-ci se caractérise aussi par une violence morale et souvent physique. Le harcèlement sexuel est le fait de harceler autrui en usant d’ordres, de menaces ou contraintes, dans le but d’obtenir des faveurs sexuelles, par une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions. Il peut se manifester par un comportement séducteur, par des chantages ou même l’imposition de relations sexuelles par des assauts. Le code pénal réprime sévèrement le harcèlement sexuel en son article 222-33 de 1 an de prison et de 100.000 F d’amende. Contrairement à une idée reçue, le harcèlement sexuel touche aussi bien les hommes que les femmes. Mais on peut noter une particularité : LEYMANN indique que le harcèlement sexuel au cours d’un mobbing a rarement pour but l’accomplissement de l’acte sexuel, contrairement aux résultats obtenus par des études féministes. Il vise plus l’humiliation, la vexation et la provocation. Alors que les hommes sont la cibles de plaisanteries sur leurs possibilités sexuelles,
les femmes sont taxées de débauche.

 

L’exclusion et la mise à l’écart [20]  
Le harcèlement moral, répété, vise à se débarrasser du travailleur et à l’exclure
. Quand le harcèlement est le fait de plusieurs personnes il est compréhensible que la victime se trouve rapidement isolée et mise à l’écart. Il peut arriver que la hiérarchie, quand elle est à l’origine du mobbing, fasse comprendre aux collègues de la personne visée que toute manifestation de solidarité serait malvenue, ou plus simplement donne l’ordre de ne plus s’adresser à la victime ou fasse en sorte qu’on ne se tourne plus vers elle. Ca peut passer par le biais d’une nouvelle affectation en tant que « chargé de mission » par exemple. La victime se retrouve ainsi payée à son salaire antérieur mais sans travail, dans un bureau isolé. Il devient alors gênant pour les collègues de côtoyer la victime aussi bien vis à vis d’elle que de la direction. La hiérarchie peut aussi décider d’affecter à la personne des tâches dégradantes, inutiles ou bien en deçà des compétences de la personne pour encore plus la dévaloriser et l’isoler par des mesures ouvertement ou non répressives. L’isolement complet d’une personne met toujours en jeu son équilibre psychologique.
 
A toutes les étapes du harcèlement moral, le but de l’auteur des actes est de plonger sa victime dans un stress permanent, une psychoterreur, qui l’empêchera de réagir rationnellement, la diminuera moralement et nerveusement. Le point de rupture approche.
 
 
b) Les modes de harcèlement
 
Le harcèlement peut se faire de manière horizontale, de manière verticale ascendante ou verticale descendante.
 
Le harcèlement horizontal  
Il s’agit du collègue qui agresse un autre collègue. 44 %[21] des cas de harcèlement moral seraient de type dit horizontal. Ces agressions peuvent avoir plusieurs causes :  
 
- la différence par rapport au groupe liée au sexe, à la religion, la race… Par exemple une femme qui intègre un milieu professionnel traditionnellement plus masculin comme les pompiers.
 
- Le groupe s’efforce de contraindre l’individu réticent à se conformer aux normes fixées par la majorité.
 
- des jalousies. Par exemple une personne arrive dans une entreprise bardée de diplômes alors que son supérieur hiérarchique n’est pas ou peu diplômé et celui-ci le vit mal. Ce peut être une multitude de raisons comme la beauté, la jeunesse…
 
- Des inimitiés personnelles liées à leur histoire commune, des rivalités, des luttes de pouvoir…
 
- Les collègues peuvent aussi choisir pour cible une personne par pur désœuvrement.

Il n’est pas rare que le harcèlement horizontal soit le fait de plusieurs personnes qui de manière concertée ou non rejettent un individu, sous prétexte de sa différence. La mise en quarantaine sera alors très rapide et la multiplication des agressions en raison du nombre d’agresseurs aura un effet d’autant plus efficace sur la victime. La responsabilité de ce type de relations est à rechercher dans une déficience organisationnelle. Il appartient aux managers de constituer des équipes fiables, de savoir déceler et gérer des conflits internes.
 
A la base de la hiérarchie, le mobbing trouve rarement sa cause dans l’intérêt du travail, les tâches étant facilement interchangeables. L’agression s’appuiera donc sur la vie privée de la victime. Au contraire, au sommet de la hiérarchie, dans des fonctions à risques et à responsabilités, les petites erreurs dans le travail serviront à l’auteur du harcèlement à trouver de bons moyens de pression sur sa victime. L’agresseur peut collectionner toutes les petites fautes faites, en les faisant remarquer et même en les provoquant.
 
Le harcèlement vertical descendant  
Ce type de harcèlement est celui auquel on aurait le plus facilement tendance penser : le petit chef jouissant de quelques pouvoirs dont il use et abuse aux dépens des personnes dont il a la responsabilité[22]. Il concerne 47 % des harcèlements et n’est donc pas si fréquent que cela. Dans chaque cas, le supérieur se prévaut de son pouvoir de manière démesurée et archaïque. Souvent, il semble que dans les cas de harcèlement descendant, pour une raison ou pour une autre, le supérieur hiérarchique a senti son autorité menacée et remise en cause, ou il a eu l’impression de perdre le contrôle de ses subordonnés alors que lui, reste comptable auprès de ses supérieurs.  
 

Ce type de situation est de plus en plus fréquente dans les entreprises où les contraintes de chiffres, de ventes et de rentabilité sont fortes. On fait croire aux salariés qu’il est normal de passer par là pour garder son poste. Souvent le harcèlement émane donc de cadres sur qui ont fait peser des objectifs impossibles à tenir et qui font peser sur leurs subordonnés la pression dont ils sont eux-mêmes l’objet.
 
Le harcèlement vertical ascendant  
C’est l’hypothèse la plus rare : 9 % des cas de harcèlement. Il convient de prendre en considération trois types de situations différentes :  
 
- il peut s’agir d’une réaction violente de salariés envers un supérieur venu de l’extérieur ne présentant pas de légitimité, n’ayant pas encore intégré la culture d’entreprise, ni les méthodes du groupe de travail, et ne faisant que peu ou pas d’efforts pour s’intégrer et s’adapter.
 
- l’attaque peut provenir du personnel qui s’insurge contre la nomination d’un responsable qui n’a pas son agrément, souvent parce qu’il s’attendait à la nomination de quelqu’un d’autre.  
 
- ce peut être enfin dû à la réaction du personnel contre les méthodes d’un membre de la hiérarchie qui devient alors la cible, en raison de son autoritarisme, de son arrogance, sa partialité.  
 
La hiérarchie, et l’autorité qu’elle incarne, est un bloc monolithique contre lequel la base ne peut logiquement que peu de choses. Toute entrée en fonction d’un élément extérieur à ce bloc peut fragiliser cette chaîne du pouvoir. Le nouveau venu doit trouver sa place dans l’organisation qu’il intègre et l’entourage du nouveau peut considérer toute difficulté rencontrée comme une déficience, une faille. S’il n’est pas soutenu par sa hiérarchie, il n’arrivera pas à asseoir son autorité et la situation peut rapidement devenir intenable. Il est impossible de rencontrer ce genre de situation avec un cadre en fonction depuis un certain temps, la direction l’appuiera plus facilement, et si les revendications veulent aboutir, il faudra qu’elles passent par des canaux plus traditionnels.
 
Quelle que soit la situation, il est rare dans un cas de harcèlement ascendant que le subordonné agisse seul. Les membres du personnel, parce qu’ensemble ils seront plus efficaces et moins vulnérables, agissent le plus souvent de manière concertée. Le supérieur n’a plus aucune autorité, il est isolé. Le harcèlement vertical ascendant peut être utilisé par la base, unie, comme moyen de contre-harcèlement à l’encontre d’un cadre ou de la direction[23].
 
Selon les résultats de l’enquête de LEYMANN, il semble que le harcèlement combiné (horizontal et vertical) représente 10 % des cas de harcèlement.
 
c) Les protagonistes
 
Trois types d’intervenant prennent part dans une relation de harcèlement : l’agresseur, la victime et l’entreprise qui, selon les cas, réagit, laisse faire ou encourage.
 
L’agresseur  
Comme nous l’avons indiqué, l’auteur de harcèlements est un manipulateur qui peut prendre de nombreux visages : le manipulateur sympathique, le séducteur, l’altruiste, le cultivé, le timide et le dictateur. Le mobbing se caractérise par un certain nombre d’actes[24]. Le manipulateur est reconnaissable à ses manœuvres, ses pratiques, ses actes [25]. L’agresseur auteur de harcèlement agit ainsi pour deux grandes catégories de raisons, soit le contexte de l’entreprise (productivité, objectifs insensés…) le pousse à appliquer ces méthodes, soit il a une potentialité pathologique. Nous sommes enclin à croire que les névroses sont beaucoup plus fréquentes chez nos semblables que l’on peut l’imaginer.
 
- Le déterminisme entrepreneurial  
 
Certaines entreprises s’inscrivent dans une logique de bénéfices, de rentabilité, de croissance au mépris complet de l’individu. Il est demandé (chefs de rayon de la grande distribution, commerciaux de toutes les grandes sociétés… peuvent en témoigner) aux cadres de respecter des objectifs toujours plus difficiles à atteindre, de ne plus compter les heures pour l’entreprise… Ce stress se répercute sur les subordonnés. D’autres motivations peuvent intervenir. Les grands groupes côtés en bourse et dont les fonds de pension détiennent une part du capital ont une nouvelle mode : alors que les résultats sont souvent excellents, que les parts de marché sont croissantes, ces entreprises licencient, pas parce qu’elles ont des difficultés mais pour, prétend-on, les anticiper. Immanquablement, le cours des actions monte. Pour se débarrasser des salariés devenus indésirables, tous les moyens sont bons. Chaque chef de service d’une entreprise liste les salariés jugés inefficaces, dont il faut se séparer. Pour éviter le coût d’un licenciement, on préfère pratiquer un harcèlement psychologique.  
 
- Psychopathe de la vie quotidienne
 
Il peut arriver que l’auteur de harcèlement, en plus d’un stress professionnel certain, présente une pathologie perverse : c’est la thèse de Marie-France HRIGOYEN qui cherche à trouver des justifications dans la psychiatrie et la psychologie. Une personne normale peut présenter des caractéristiques narcissiques, passagèrement paranoïaques, égocentriques, autoritaires, sans pour autant que ce soit pathologique. Une personne normale peut aussi manipuler quelqu’un de temps à autre, quand c’est vraiment justifié, éprouver une haine sans que ce soit pervers. Le pervers, au contraire de la plupart des individus, éprouve tous ces sentiments, utilise les autres, cherche à les détruire, et ce, sans sentiment de culpabilité, sans même la conscience des actes. Le comportement des agresseurs, auteurs de harcèlement a été qualifié de pervers [26]. Le perversité évoque l’idée de cruauté, de plaisir à faire souffrir autrui. La perversion et la perversité sont associées au narcissisme. Selon un psychologue spécialiste de la question[27], « les individus pervers narcissiques sont ceux qui, sous l’influence de leur « soi » grandiose, essaient de créer un lien avec un deuxième individu, en s’attaquant tout particulièrement à l’intégrité narcissique de l’autre afin de le désarmer. Ils s’attaquent aussi à l’amour de soi, à la confiance en soi, à l’auto-estime et à la croyance en soi de l’autre. En même temps, ils cherchent, d’une certaine manière, à faire croire que le lien de dépendance de l’autre envers eux est irremplaçable et que c’est l’autre qui le sollicite ». Les pervers répercutent sur leurs victimes leurs contradictions, leurs complexes, leurs paradoxes sous la forme de violence psychologique. Ils ne savent comment exister sinon en écrasant les autres pour se faire valoir. Les pervers présentent généralement trois types de caractéristiques alternatives ou cumulatives : le narcissisme, la mégalomanie, la paranoïa, à chaque fois destructrices de l’ « autre ».
 
La personnalité narcissique se construit à travers le regard de l’entourage[28]. Cette image reflétée est bâtie sur du vide. La personne narcissique va chercher à se mettre en valeur vis à vis des autres à qui elle a quelque chose à prouver et qu’elle envie pour des qualités qu’elle n’a pas. Le narcisse a besoin de ce jeu de miroirs pour se donner l’illusion d’exister. Que d’autres personnes aient des qualités enviées est insoutenable pour le pervers qui va chercher à détruire sa victime en la vampirisant, en la faisant souffrir et en l’humiliant. Le pervers va vider sa victime de sa substance en la harcelant.
 
La mégalomanie va souvent de paire avec le narcissisme. Les pervers mettent en avant leur infaillibilité. Ils croient tout savoir, avoir tout fait et se permettent de donner des conseils (des leçons) de moralité alors qu’ils n’acceptent pas les remises en questions ni les critiques. Infaillible, la victime du pervers ne l’est pas. Ce sont ses erreurs qui feront le lit de son bourreau, alors que cette victime présente souvent des qualités réelles (nous le verrons plus tard) que le pervers tente de s’approprier, pour combler son vide. L’envie est une motivation d’emblée agressive, reflet d’un sentiment d’infériorité refoulé face à la personne qui « possède ». Les pervers se nourrissent de l’énergie de leur victime pour se régénérer et mieux la détruire.
 
Il arrive que la paranoïa vienne s’ajouter sur ce terreau fertile à des comportements hostiles. La paranoïa se caractérise par l’hypertrophie du moi (orgueil), la psychorigidité (obstination, intolérance, rationalité froide, mépris d’autrui, difficulté à démontrer des sentiments), la méfiance (suspicion, jalousie, théorie du complot), et la fausseté du jugement (tout est dirigé contre le paranoïaque). Le paranoïaque va se placer en victime pour attirer la sympathie et dissiper la méfiance des personnes qu’il harcèlera. Le pervers attaque froidement, méthodiquement (« pas de sentiments ! »). Si le pervers se sent lui-même agressé, il justifie alors les attaques dont il est l’auteur contre ceux qui veulent lui nuire. Pour placer l’autre dans un état de dépendance et de soumission, le pervers usera de la séduction, et agira insidieusement. S’il rencontre de la résistance de la part de ses victimes, que celles-ci se dérobent, alors sa fureur se déchaînera, ses sentiments de haine alimentant ses attaques. Il ne peut supporter la remise en cause, la résistance face à une légitimité, une supériorité présumée de manière irréfragable.  
 
La victime  
La victime fait l’objet des attaques d’un pervers qui nous l’avons vu est tantôt narcissique, paranoïaque, mégalomane. Une victime n’est pas choisie au hasard et contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle n’est pas plus faible ou plus vulnérable qu’une autre personne, au contraire ! La victime présente des qualités certaines, une vitalité, des passions, des idées, un rang social… que son bourreau n’a pas, qu’il envie et veut s’approprier. Dans notre société, il est commode de penser que la personne est devenue victime justement à cause de ses faiblesses. Contrairement à une autre idée reçue, on ne peut pas dire que les victimes sont dans cette situation parce qu’elles « le veulent bien » ou s’y complaisent.  
 
La véritable raison du harcèlement est que la victime, pour une raison ou pour une autre, est gênante pour l’auteur de harcèlements. Les victimes sont en réalité assez fortes, douées, équilibrées et dotées d’une grande vitalité, mais elles sont encore hésitantes et ont besoin de se prouver quelque chose. Cette hésitation sur leurs propres capacités les rend vulnérables et sensibles au discours séducteur du pervers. Le pervers ressent cette hésitation dont il va se jouer pour faire culpabiliser sa victime, la déstabiliser et lui porter le coup de grâce.
 
La cible idéale est une personne consciencieuse ayant une propension à se culpabiliser et à se remettre en question (depuis quand est-ce une faiblesse ou un défaut ?). Ce sont des personnes assumant une importante masse de travail pour se donner bonne conscience, rendant service, attachées à l’ordre (avec un certain sens moral sans être psychorigides). Ces personnes présentent selon les spécialistes un caractère prédépressif, le typus melancolicus[29], ce qui n’est pas du tout incompatible avec une grande vitalité et un goût certain pour la vie. Si ces personnes ont le sentiment de ne pas être à la hauteur, ce que ne manqueront pas de leur faire croire leurs tortionnaires, ils essaieront d’en faire plus, de se corriger, s’exposant et culpabilisant encore plus devant l’insatisfaction à laquelle ils font face, et se fragilisant par la même occasion. De plus en plus fragilisée par des attaques répétées et par une culpabilisation grandissante, la victime sombre rapidement dans la maladie et la dépression. Elle reste paralysée, sous emprise, devant les agressions qu’elle ne comprend pas. La victime ne comprend qu’elle est manipulée que quand les attaques insidieuses ont laissé la place à une violence manifeste. On ne peut pas non plus laisser dire que si les victimes se trouvent dans cette situation c’est parce qu’elles s’y complaisent. La différence entre la personnalité masochiste et la victime est que quand cette dernière est libérée de son tortionnaire, elle ressent un véritable soulagement, une immense libération.
 
La victime, acculée, cherche souvent du secours auprès de ses collègues, de sa hiérarchie, des médecins du travail, mais ce n’est pas aisé quand l’entreprise participe à la lapidation.
 
L’entreprise  
Selon les cas, l’entreprise (terme entendu au sens large) encourage les pratiques dégradantes que subissent les salariés, laisse faire ou dans le meilleur des cas réagit. Les explications des comportements varient selon qu’on se trouve dans le secteur privé ou le secteur public. 
 
. L’entreprise se montre complaisante face aux abus de certains quand ils génèrent des profits et n’engendrent aucune réaction de révolte de la part du personnel. C’est ce type de situations que les médias ont révélé au sujet de l’entreprise Maryflo dans le Morbihan. Cette entreprise de confection est composée exclusivement de femmes, y compris la responsable des ouvrières. Celle-ci humiliait, insultait les salariées, chronométrait leurs poses au nom du rendement, et ce avec la complicité du PDG. Après un conflit de six mois qui aboutit à une grève[30], les salariées obtinrent la démission de leur responsable au prix de 64 ouvrières licenciées. La responsable pourtant mise au grand jour par les médias a rapidement retrouvé un poste dans un usine deux fois plus grande. Cette entreprise serait-elle aussi de celles qui encouragent les pratiques perverses… ? 
 
Dans les entreprises qui ont tendance à « laisser faire » ces situations sont souvent le fruit d’une volonté délibérée de la direction de protéger le responsable hiérarchique auteur de harcèlements, souvent parce qu’il correspond aux exigences économiques de l’entreprise.
 
D’autres fois, et c’est heureux, l’entreprise réagit. Dans l’ouest de la France, un établissement bancaire a, grâce à l’aide du syndicat majoritaire, commencé à lutter contre la harcèlement moral qui le rongeait en son sein[31]. En 1998, un journal local a relaté le cinquième suicide qui venait d’un salarié dans cet établissement en faisant un parallèle avec le livre de M.-F HIRIGOYEN sur le harcèlement moral. La direction a alors décidé de prendre le problème a bras le corps.
 
2) Les tentatives d’explication
Les explications de ce phénomènes sont assez diverses. Dans le secteur public, le harcèlement est une conséquence de l’emploi à vie. Le licenciement y est pratiquement impossible, quand on veut se séparer de quelqu’un, on cherche donc à provoquer son départ en dégradant ses conditions de travail et de vie. Dans la fonction publique les mécanismes de persécution sont plus long et plus installés. La dernière étape est la mise au placard  
Dans le secteur privé, c’est la crainte du chômage qui pousse les salariés à souffrir en silence. Les directions ont tendance à faire croire qu’il est normal de s’investir à fond dans l’entreprise, de travailler sans relâche au détriment de sa santé et de sa vie privée. Le salarié accepte les heures supplémentaires non payées, tolère d’être maltraité par un collègue. « Les entreprises sont souvent des organisations très hiérarchisée. A chaque fois que l’ordre descend d’un échelon, la pression augmente. Le dernier en bas de l’échelle est totalement pressé. C’est sur ce terreau que naît le harcèlement moral »[32]. Le mobbing peut aussi naître de la compétition entre différents collègues pour obtenir les tâches les plus gratifiantes, un meilleur salaire, un statut ou un poste plus valorisant.  
 
Le harcèlement peut être une technique pour éviter de licencier. Le licenciement est souvent perçu comme très coûteux, très long. Certaines entreprises craignent que les licenciements nuisent à leur image. Albert DURIEUX et Stéphène JOURDAIN nous expliquent dans leur ouvrage, L’entreprise barbare [33], en quoi le licenciement à la française est violent, pervers et compliqué, en raison même de la complexité du droit social. Les chefs d’entreprise cherchent donc souvent d’autres échappatoires. Les méthodes employées pour se débarrasser des plus de cinquante ans, par exemple, n’ont jamais été aussi brutales que depuis l’instauration d’une taxe spéciale (la contribution DELALANDE) sur leur licenciement. Les employeurs peuvent chercher à accabler les salariés dont ils veulent se séparer de fautes plus ou moins imaginaires, amplifiées et le moment venu les licencier pour faute réelle et sérieuse ou, le summum, pour faute lourde. La qualification du licenciement en faute lourde dispense l’employeur de verser les indemnités légales et conventionnelles et rend le maintien dans l’entreprise impossible. On espère ainsi que l’employé, sonné par la violence du choc, en oubliera les dispositions du code du travail. Quand un cadre n’est plus jugé efficace, il convient de le pousser à la démission pour éviter la note salée du licenciement (proportionnelle au salaire).  
 
MM DURIEUX et JOURDAIN nous détaillent les méthodes employées pour décourager les travailleurs de lutter :  
 
- jeu d’une clause de mobilité (inacceptable pour le salarié, qui s’il refuse peut être licencié pour non-respect du contrat de travail),  
 
- déménagement de l’entreprise sans prévoir le déménagement des salariés devenus indésirables,
 
- licenciements clefs en mains par des cabinets extérieurs qui proposent le reclassement du salarié devenu inadapté à son poste…
 
Les salariés avec la peur du chômage sont prêts à accepter toutes les pressions. De nos jours les entreprises sont de plus en plus incitées à licencier ou à faire démissionner des salariés. C’est un gage de modernisme, de flexibilité.  le DG traduit automatiquement cet objectif par des suppressions de postes ; la DRH formalise ces suppressions de postes en un plan social, chaque directeur de service reçoit son quota de suppressions, et votre chef de service, jusque là sympathique et blagueur, vous prend à part pour vous dire que vous lui posez un « problème »[34]. Les entreprises ont intérêt à satisfaire les fonds d’investissements sans quoi elles ne pourront plus compter sur leurs capitaux. Pour financer leurs projets elles devront recourir à l’endettement ce qui coûte cher. Les investisseurs sont aussi victimes de la pensée économique unique, à la base de fusions géantes, de recentrages, de dégraissages. Dans cette optique, l’élément humain devient négligeable, les travailleurs sont des variables d’ajustement économique.
 
Le mobbing peut trouver son origine dans la conception des tâches. Dans certaines entreprises, les tâches sont très divisées, décomposées et ennuyeuses. Le mobbing est alors un mobbing d’ennui. Les agresseurs choisissent de brimer un de leurs collègues, juste pour… s’occuper l’esprit (!). On peut remédier à ce type de problèmes en faisant tourner les salariés sur les postes de travail, en diversifiant les tâches. Les conflits peuvent apparaître chez des sujets soumis à une surcharge quantitative de travail, les plongeant dans un stress trop important, et à un déficit qualitatif des tâches, ennuyeuses, répétitives et parfois inutiles.
 
Certains auteurs s’accordent cependant à ne retenir que des théories fondées sur la personnalité et non les réactions au stress du milieu professionnel.  
 
Ce phénomène que nous connaissons mieux maintenant engendre un sacrifice humain important dans la mesure où c’est la santé psychique et physique de la victime qui se dégrade. Le travailleur va devoir subir un surcroît de stress développant des troubles psychosomatiques et des absences répétées. L’organisation devra gérer la baisse de productivité des victimes, le coût de leurs absences et de leur remplacement.
 
B – Le coût humain et financier de la maladie
Le harcèlement est dévastateur aussi bien sur le plan humain que financier. La santé des victimes allant en se dégradant, celles-ci tentent de résister. Quand cela leur est impossible, l’arrêt de travail pour maladie professionnelle paraît être la meilleure solution (1). Mais ces absences et ce stress engendrent un coût pour l’organisation que les spécialistes ont bien pris en compte (2).
 
1) La maladie, l’accident et leur indemnisation par les organismes de sécurité sociale
La résistance face à un acharnement psychologique qui nous frappe dans nos fondations paraît difficile sur le long terme (a). L’absence pour maladie paraît le meilleur moyen de se ressourcer. Récemment la jurisprudence a pris en compte le harcèlement moral pour reconnaître comme accident de travail la tentative de suicide d’une victime. Cette reconnaissance peut laisser penser que l’exposition au harcèlement pourrait être prise en compte pour la reconnaissance d’une maladie professionnelle. L’indemnisation des préjudices subis par les victimes s’améliore (b).
 
a) Les effets psychosomatiques du harcèlement
 
- L’impossible résistance
 
Résister : c’est ce à quoi M.-F. HIRIGOYEN encourageait à faire dans un article paru dans Le Nouvel Observateur[35], en appelant les partenaires sociaux à se mobiliser, et à créer des instances de médiation. Mais que faire quand on est seul et isolé ? Plusieurs caractéristiques sont nécessaires pour que la personne puisse résister durablement à une situation stressante et oppressante : une bonne constitution physique et mentale, la confiance en soi, la considération de l’entourage, le soutien de l’entourage, des conditions matérielles stables, une marge de manœuvre, la capacité à résoudre ses problèmes, la faculté de s’orienter dans la société. Une personne placée dans une situation de stress violent perd une grande partie de ses capacités habituelles de résistance : après plusieurs nuits d’insomnie, le psychisme s’affaiblit. La répétition des agressions peut ……

 

6 juillet, 2008

Comment l’agresseur empêche sa victime d’agir

Classé dans : les manipulateurs narcissiques — nacydymeg @ 20:42

Pour rappel, l’agresseur a besoin de garder le pouvoir et de contrôler de sa victime. Il va, pour cela, utiliser des manœuvres d’apparences innocentes mais qui vont devenir de plus en plus brutales, si la personne cible résiste aux assauts de son agresseur. 

 

Le harceleur va, d’abord, faire en sorte que sa victime perde tout sens critique jusqu’à ce qu’elle ne sache plus qui a tort ou qui a raison. 

 

Puis, l’agresseur, par manœuvres subtiles et psychologiques ; 

-         va installer la victime dans des situations de stress ; 

-         va la houspiller à la moindre occasion sans que celle-ci comprenne pourquoi ; 

-         l’agresseur va observer ses faits et gestes afin de pouvoir la disqualifier à tout moment,… 

 

Le harceleur va installer la victime dans une situation dans laquelle celle-ci va se sentir en permanence sur le qui-vive, sans qu’elle sache pourquoi et afin qu’elle ne comprenne pas ce qui se passe. 

Dès lors, la personne cible est poussée dans ses derniers retranchements et pense que pour se sortir de cette situation mortifère, elle doit accepter toujours plus en pensant que ce qu’elle est en train de vivre est passager. Le calme reviendra après la tempête. 

 

D’instinct, la victime sait qu’elle est en danger mais ne sait pas exprimer ce qui est insupportable dans la situation qu’elle vit. 

 

Le harcèlement au travail passe par différentes étapes dont le point commun est un refus de communication au sein de l’entreprise et qui incite les agresseurs à agir en toute impunité. 

 

Les différentes étapes du harcèlement au sein de l’entreprise ou de l’institution 

 

Refus la communication directe 

 

Le principe de manœuvre du harceleur, c’est d’empêcher l’autre de penser, de comprendre et de réagir. Il va s’y employer en adoptant des attitudes de disqualification et sans prendre la peine de donner la moindre des explications sur son attitude. 

 

Il refuse d’admettre qu’il y a conflit et le pourquoi du conflit.   

 

Face à ce déni de la part du harceleur, la victime ne sait pas ou plus comment agir et pouvoir se défendre face à cette attitude silencieuse. De cette manière, l’agression peut se poursuivre sans aucune limite. 

 

De manière perverse, le harceleur va faire comprendre à la victime qu’il ne lui porte que très peu ou pas du tout de considération, qu’elle est même inexistante à ses yeux et cela par le biais du silence et de la non communication. 

 

Si le harceleur décide de sortir de son mutisme relationnel, il va s’employer, au niveau des reproches à formuler, à être des plus flous ou imprécis afin de pouvoir installer divers interprétations et malentendus inter et extra-personnels. 

 

 La victime, ne comprenant pas l’attitude instaurée par l’agresseur, va se poser des questions au point de culpabiliser et de se remettre plus d’une fois en question afin de trouver une solution pour pouvoir « plaire » à son agresseur. 

 

Pourquoi plaire ? 

 

Dans toutes relations, quelles soient amicales ou professionnelles, nous avons besoin d’être reconnus par les autres et ce, en voulant faire bonne impression. 

 

L’attitude de l’agresseur est de faire comprendre à la victime qu’elle lui déplait sans dire ouvertement pourquoi. 

Par survie et d’instinct, la victime va essayer, par divers comportements, à plaire, à ce faire accepter par son harceleur. D’où cette incessante remise en question et la culpabilité de ne pas comprendre et d’échouer dans ses tentatives de réconciliations. 

 

Cette maltraitance relationnelle est d’autant plus cruelle que le harceleur sait que la victime s’est donné comme mot d’ordre d’arriver à faire accepter à tout prix par cette personne qui lui pourri l’existence professionnelle. Malheureusement, rien ne peut changer ou attendrir son assaillant moral. 

 

La disqualification 

 

Contrairement à la violence physique, la violence morale est basée sur des comportements hypocrites, rien n’est au vu et au su de tous. De plus cette violence morale ne permet aucune réplique et est pratiquée de manière sous- jacente :   

-         soupirs excédés ; 

-         haussement d’épaules ; 

-         regards méprisants 

-         des non-dits ; 

-         des sous-entendus ; 

-         allusions déstabilisantes ou malveillantes ; 

-         remarques désobligeantes,… 

 

Le doute est ainsi amené progressivement chez la victime. Elle va se poser des questions sur ses compétences professionnelles, et, le harceleur par cette attitude remet en question tout ce que la victime a dit ou a fait.

Discréditer 

 

Dans le harcèlement moral, discréditer : c’est mettre le doute dans l’esprit des autres : 

-         en insinuant : 

-         en dénigrant ; 

-         en calomniant ; 

-         en utilisant le mensonge,… 

 

C’est également tenir un faux discours structuré de sous-entendus, de non-dits, en introduisant des malentendus pour l’exploiter à son avantage. 

Pour détruire la victime et jusqu’à qu’elle perde totalement confiance en elle, le harceleur va la ridiculiser, l’humilier, la couvrir de sarcasmes. 

Il va également l’affubler d’un surnom ridicule, se moquer ouvertement d’un détail physique ou d’une défaillance de la victime.  Le harceleur va s’arranger pour que la victime connaisse les moqueries à son sujet sans qu’elle puisse pour autant s’en défendre. 

 

Le résultat escompter par le harceleur, c’est que la victime vienne à craquer, à s’énerver ou à déprimer pour justifier le harcèlement.

Isolement 

 

Dans la destruction psychologique, il faut que la victime ne puisse pas se défendre, et pour cela, il faut l’isoler en détruisant ses relations au sein de l’entreprise ou de l’institution. 

 

Diviser pour mieux régner ! 

 

L’isolement se fait par des insinuations ou des préférences affichées afin de provoquer des jalousies, on sème la discorde en montant les gens les uns contre les autres. 

La déstabilisation se fait par le biais des collègues et non par le harceleur lui-même. Le harceleur a manipulé son entourage pour ne pas être mis en cause dans ce qui se passe envers la victime. 

 

Brimer 

 

C’est donner à la victime des tâches qui ne correspondent pas à ses qualités professionnelles pour lesquelles l’entreprise l’a engagée. Ces sont des tâches : 

-         inutiles ; 

-         dégradantes ; 

-         qui ne font pas partie des objectifs de son emploi ; 

-         qui risque de le mettre en danger,… 

 

C’est fixer des objectifs ou des engagements qui sont impossibles à tenir, qui obligent à rester tard le soir ou à revenir le week-end, pour ensuite voir ou entendre dire que le dossier ou le rapport si urgent est jeté à la poubelle ou ne sera pris en considérant par la suite. 

 

aller voir la suite c’est surprenant de vérité…..

http://stfh.skynetblogs.be/category/1002395/1/Le+harc%E8lement++au+travail

le harcèlement au travail

Classé dans : les manipulateurs narcissiques — nacydymeg @ 20:29

  Qu’est-ce que le harcèlement au travail ? 

Ce sont les conduites abusives et répétées de toute origine, externe ou interne à l’entreprise ou l’institution. Elles se manifestent notamment par des comportements, des paroles, des intimidations, des actes, des gestes, et des écrits unilatéraux, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la personnalité, la dignité ou l’intégrité physique ou psychique d’un travailleur ou d’une autre personne lors de l’exécution de son travail, et, de mettre en péril son emploi ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. 

Cette guerre des nerfs regroupe deux phénomènes : -         l’abus de pouvoir 

-         la manipulation perverse 

Cette violence au travail prend naissance de manière anodine et se propage sournoisement. Au début de l’agression, la personne visée va prendre à la légère piques et brimade sans se formaliser. Ensuite, ces attaquent vont devenir de plus en plus fréquentes et la personne visée va être régulièrement mise à en état d’infériorité, soumise à des manœuvres malveillantes et dégradantes pendant plusieurs semaines et à force, la victime perd une partie d’elle-même. Elle revient chez elle, usée, humiliée et abîmée. 

Il est normal que dans un groupe existe des conflits (c’est même sain). Mais lorsque des remarques blessantes surviennent sans qu’il y ait des excuses après un mouvement d’énervement ou de mauvaise humeur, on peut commencer à se poser des questions sur la nature de l’acte agressif. Le phénomène destructeur est constitué principalement de la répétition des vexations et d’humiliations. 

C’est une machine infernale qui s’est mise en route et qui détruire tout sur son passage. C’est une agression effrayante parce qu’inhumaine, sans état d’âme et sans pitié de la part de l’agresseur. 

Le plus terrible, c’est la désolidarisation des collègues soit par lâcheté, égoïsme ou par peur d’avoir à leur tour des représailles. 

La relation conflictuelle s’accentue de manière de plus en plus agressive : haine pour l’agresseur et peur de voir ou rencontrer son persécuteur pour la victime. S’en suivent pour la victime des comportements pathologiques qui serviront de prétextes dévalorisants (quoi que puisse faire la personne visée, tout se retournera contre elle) par son ou ses agresseurs. 

La manœuvre de l’attaquant est de pouvoir complètement déstabiliser, porter la victime dans une confusion totale et à la faute. 

La victime est complètement désemparée car elle se sent seule face à cette situation. Elle ne se sent pas défendue par l’entreprise qui laisse dégénérer la situation, en refusant de prendre position face au conflit existentiel. 

Malgré ce que l’on peut penser, ce sont les personnes qui ont la capacité de résister à l’autorité en dépit des pressions qui sont les cibles de harcèlement. L’hostilité au travail se met en place lorsque la victime réagit à l’autoritarisme d’un supérieur ou d’un collègue et refuse de se laisser asservir. En d’autres termes, les victimes ne sont atteintes d’aucune pathologie ou d’une faiblesse quelconque malgré ce que les agresseurs essaient de faire croire. Ce sont des personnes équilibrées et rationnellesL’agresseur porte atteinte à la victime par le processus de dévalorisation. Cette dépréciation mise en place est acceptée et cautionnée par le groupe, de la victime par le harceleur. Cette dévaluation donne apparemment une raison valable à la cruauté exercée contre la personne ciblée. 

Le seul tort que l’on pourrait reprocher aux victimes, c’est d’être des travailleurs perfectionnistes, investis dans leur job et désirant être impeccables. 

Soit par ses qualités, la victime fait de l’ombre à son agresseur, ou bien, paradoxalement, l’agresseur a peur de perdre les bons et loyaux services de la victime (par exemple de l’employée enceinte). 

Lorsque le processus de harcèlement est mis en place, la victime est critiquée : on dit qu’elle est difficile à vivre, qu’elle a mauvais caractère, qu’elle est folle. On prétend que c’est sa personnalité qui est la conséquence du conflit et on oublie qui elle était auparavant dans un autre contexte. 

Poussée dans ses retranchement et à bout, il n’est pas rare qu’elle devienne ce que l’on veut faire d’elle. Une victime ne peut être au maximum de son potentiel. Elle devient inattentive, inefficace et, devient dès lors, sujet aux critiques sur la qualité de son travail. 

L’agression au niveau du travail à deux identifications : l’agression horizontale ou verticale. http://stfh.skynetblogs.be/category/1002395/1/Le+harc%E8lement++au+travail

cet insoutenable harcèlement

Classé dans : les manipulateurs narcissiques — nacydymeg @ 20:17

Manque d’autonomie psychique L’absence toutes ces qualités démontre un manque d’autonomie psychique affective et intellectuelle. 

L’absence d’autonomie affective se traduit par

- une instabilité,

- une dépendance à autrui,

- une lâcheté du comportement

Le harceleur est  éternellement dépendant des autres, de leurs conseils, de leur regard, de leurs préjugés. Le harceleur n’a pas la capacité de rester seul malgré ce qu’il peut affirmer et pour pallier à cette angoissante solitude, il fait croire que ce sont les autres qui sont dépendants de lui et non l’inverse. Par cette attitude, il veut se rassurer sur une illusion indépendante, ce qui est l’une des motivations de l’instauration du harcèlement moral.

L’absence d’autonomie intellectuelle, quant à elle, se traduit dans des faits répétitifs : - une incapacité de travailler seul,  - une nécessité de toujours récupérer le travail des autres à des fins personnelles, - une incapacité de penser par soi-même, d’assumer les fruits de sa pensée.   Ainsi le harceleur va transmettre des préjugés avec une inaptitude à mettre en questions ces idées préconçues pour avoir une pensée autonome. De plus, il vit dans une atmosphère de compétition malhonnête.  En effet, il ne crée pas les idées mais il se les approprie dans le but de l’utilisation et l’objectivation affective de l’autre, afin de se prouver qu’il domine l’autre

Pour combler son absence d’autonomie intellectuelle, le harceleur usera d’opportunité, de mensonges, de menace et de séduction afin de conserver au mieux ses illusions dans le monde dans lequel il vit et où seuls les rapports de force existent et où tous les moyens sont permis pour en sortir vainqueur.

Atouts du harceleur : séduction et apparence sociable 

Le harceleur use de la séduction. Il flatte, corrompt, utilise un discours cérémonieux afin de plaire et rehausser son narcissisme. C’est une des manipulations les plus élogieuses pour aliéné autrui dans la dépendance. Le harceleur se fait passer pour un extraverti ouvert et sensible à tous les sujets qui puissent se présenter pour en débattre. En fait, il ne connaît pas le système d’échange. Il ne s’épanouit pas à la fréquentation des autres, mais uniquement au contact de ceux qui acceptent de se soumettre. Cette séduction s’illustre – par une apparence de socialisation (soit par le monopole de la   parole ou se présentant comme un fervent admirateur) - comme étant un héros de la moralité, de la franchise, un pourfendeur de l’hypocrisie et de la déloyauté 

-  afin d’attirer l’attention, il se passer pour la victime à consoler de manière à user du chantage affectif pour objectiver l’autre dans un rôle de consolateur. Ce qui est certain, il ne suscite à aucun cas l’indifférence puisqu’il vise la dépendance des autres en jouant différents rôles : consolateur, admirateur, serviteur…Il arrive que par simples compliments, il flatte l’autre pour que ce dernier soit tout disposé à rendre le moindre service et d’entrer dans un système de dépendance sans qu’il se rende compte. Lorsque la séduction du harceleur ne produit aucun effet sur une personne choisie, le harceleur passera dans un autre registre pour obtenir plus brutalement la soumission escomptée en le rendant dépendant de sa propre peur. Ce registre est la menace et le rapport de force explicite. 

Susceptible et faux –comique 

Comment pourvoir capter la bienveillance d’un groupe ? Réponse : la séduction par l’humour. User de l’humour accentue un peu plus cette image d’extraverti que nous donne le harceleur. Seulement, le comique du harceleur se rapproche du faux-comique car le harceleur dans son humour vise l’autre et jamais lui-même. Le harceleur a cette incapacité de se remettre en question et donc, a une intolérance à la critique. Si le harceleur vient à être sujet aux moqueries, attendez-vous à ce que la foudre vous tombe sur la tête. Vous êtes sûr qu’il vous attendra au prochain tournement afin de vous faire manger les moqueries ou les critiques que vous avez eu l’audace de proférer à son encontre. 

http://stfh.skynetblogs.be/category/1002395/1/Le+harc%E8lement++au+travail

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